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Ashlee Barry | Le murmure du vent.

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Ashlee Barry

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MessageSujet: Ashlee Barry | Le murmure du vent.   Jeu 4 Aoû - 21:55

"Laisse-moi tranquille ou je te lance un ouragan dans la face ♥ !"



    Nom & Prénom : Ashlee Barry
    Âge : 16 ans
    Race : Elémentariste Vent.
    Métier : Etudiante.
    Nationalité : Anglo-Japonaise
    Orientation Sexuelle : Hétéro.



"Un problème, tête d'orange ? Tu t'l'épluches et tu la manges ! ♥"



Ce qui frappe chez Ashlee, c’est le contraste des plus saisissants entre son physique et son caractère. Plutôt jolie, elle arbore une mine candide mise en relief par sa petite taille et sa fragilité apparente (42 kg pour 1m60). En bref, si son moral avait été accordé à son apparence, elle aurait tout de la potiche de service qui ne saurait – au grand jamais ! - faire de mal à une mouche. Comme dirait une certaine personne ; « FAUX ! ».
Non. Niet. Ashlee est loin de répondre à ce profil. Au contraire, impulsive et fougueuse, la jeune-fille n’a pas la langue dans sa poche, ni une personnalité mielleuse comme on pourrait s’y attendre. Elle a plutôt… un sale caractère. Bornée, têtue, impatiente, elle a le don de vous faire péter les plombs en cinq minutes. Par son indifférence, son attitude, ou son caractère ; tout dépend de sa « victime ». Elle arrive à trouver le truc qui va vous faire éclater, l’attitude qui vous déplaît, et en abusera si vous l’embêtez, ou tout simplement si vous ne lui plaisez pas. Insupportable ? Dans un sens, oui. Egalement rebelle, voir anticonformiste, Ashlee ne veut pas se plier aux règles. Elle fait tout pour se détacher du peloton, se démarquer ; et cela par son style, ses coiffures, sa manière de parler, d’agir. Elle a aussi tendance à désobéir à tous les règlements qu’on lui impose ; car après tout, « les règles ne sont-elles pas faites pour être transgressées » ?

La jeune-femme est têtue ; si elle veut quelque chose, elle ne le lâchera pas. Une idée en tête ? N’essayez pas de la décourager ; que la tâche soit dangereuse, folle, ou totalement suicidaire, elle n’hésitera pas. Impulsive, elle fonce tout le temps. « Pourquoi remettre au lendemain ce que l’on peut faire aujourd’hui ? ».

Mais n’allez pas croire qu’Ashlee n’est qu’une vulgaire pétasse hargneuse ; non, elle sait également user des mots à bon escient. Pour faire rire ou encore réconforter… Uniquement avec ses amis cependant, donc de rares privilégiés. Rares, car elle considère comme « amis » uniquement les gens avec qui elle a un lien profond. Les simples « copains », pour elle, c’est sympa, mais elle n’ira pas se confier à eux, voilà tout. Il est en effet très dur de gagner sa confiance, Ashlee étant extrêmement méfiante.

Dans la vie, Ashlee a trois grandes passions ; tout d’abord le skate. Etrange pour une fille, non ? Evitez de lui faire la remarque, ou elle vous gratifiera d’un doigt si elle est de bonne humeur. Et dans le pire des cas… l’hôpital vous tendra ses bras ! (la violente bourrasque, qui souhaite tester ? Personne ? D’accord.). Revenons à nos moutons ; la planche, elle fait comme partie intégrante de la jeune-fille. Elle saute, elle glisse, elle voltige. C’est son amie ; grâce à elle, elle oublie tous ses soucis. Et que ce soit un sport dangereux (surtout quand elle le pratique, entendez…), un sport de mec, soyons bien clair ; elle ne veut pas en entendre parler.
La seconde chose qui lui permet de s’évader, c’est la musique. Ashlee joue de la guitare (sèche et électrique), chante et possède quelques notions de piano. Bien qu’elle ne soit encore qu’amatrice, elle se plaît beaucoup à gratouiller dans un coin, improvisant quelques ballades et courtes phrases musicales. La jeune-fille possède une très jolie voix ; pourtant, peu de monde a su en profiter. Elle se considère comme trop peu douée pour faire profiter les gens de son « talent ».
Enfin, elle affectionne tout particulièrement les arts manuels, et emporte toujours dans son sac-à-main un petit calepin (lui-même accompagné d’une brosse à cheveux, de divers paquets de bonbons – elle mange tout le temps mais ne prend pas un gramme – et d’autres bricoles pourtant nécessaires.).

Enfin, Ashlee ponctue couramment ses phrases d'english words like ; darling, sweety, honey, and so on.






Vous - HRP

Votre Prénom : Abeille Papillon pour vous servir °w°'
Votre Âge : 15 ans.
Votre présence sur /7 ? : 5/7
Avez-vous lu le Règlement ? : Dear Butterfly ~ - Hidemi.



Dernière édition par Ashlee Barry le Ven 12 Aoû - 14:28, édité 3 fois
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Ashlee Barry

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MessageSujet: Re: Ashlee Barry | Le murmure du vent.   Mer 10 Aoû - 10:41



Do you want to hear my story ?



" Chaque histoire a un début, un milieu, une fin.
La mienne n'échappe pas à la règle, n'y échappera jamais.
Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Mon histoire...
jusqu'au bout, c'est moi qui la tracerai. "



P a r t i e 1
~ Le murmure du vent.





Je suis née un jour comme les autres. Un jour banal, isolé dans l’année. Le 5 mars 1994, à 20h03 exactement. Au-dehors, la tempête, comme si le vent de sa danse enfiévrée venait à fêter l’arrivée d’une nouvelle élémentariste de type air. Je suis née un jour d’ouragan, et je me demande toujours si ce n’était pas un signe. Après tout, peut-être ?
Bon, évidemment, mes parents ne se doutaient absolument pas du « don » qui viendrait bouleverser la vie de leur fille. Enfin, comme auraient-ils pu prévoir ça ? C’est vrai ; ils étaient tellement enfoncés dans la normalité, se complaisant devant le berceau de leurs petits jumeaux. En effet, je ne suis pas née seule, non. Au contraire, mon frère Jude me précéda de quelques minutes.

Pff. De toute façon, lui, il a toujours été premier en tout. Premier à l’école, premier à se faire des amis, premier dans le cœur des parents. Et oui, les parents aiment les enfants sages, c’est bien connu. Pourquoi se plieraient-ils en quatre pour une cancre associale ? En effet, jusqu’à ma deuxième année de collège il ne me voyait que comme telle. Suite à ça, leur avis à complètement évolué. Dans le mauvais sens cependant ; nos relations ont complètement dégénérées. On peut même dire que je suis passée du côté obscur de la force. Bon au moins, j’avais des amis, même beaucoup d’amis… Peut-être pas ceux qu’ils espéraient.
Aucun enfant ne souhaitait m’approcher, de la maternelle jusqu’à la 4e. Bon, c’est faux ; au début je les attirais. Vous savez, je devais avoir l’aura d’une de ces filles intrigantes qu’on n’ose pas approcher et qu’on se contente de détailler. D’ailleurs cet aura bizarre, je l’ai toujours. Enfin, vous me direz ; tu n’aurais peut-être pas du rembarrer les seuls qui osaient t’adresser la parole ! Alors ils ont commencé à me détester, à se liguer contre moi, même. Bon, c’était gentil, on était en maternelle. Ils se contentaient de me voler mon goûter et d’éparpiller mes affaires au sol. Ils me traitaient de sorcière aussi. Peut-être à cause de mes cheveux ; si singuliers.
Ainsi, dans la cour, je restais seule dans mon coin ; adossée à un arbre, perdue dans mes pensées.

Côté famille, ce n’était pas franchement mieux. Ma mère se désespérait de mon manque de sociabilité et mon père de mes résultats catastrophiques. La seule chose sur laquelle ils étaient d’accords, c’était sur le cas de Jude. « Il est parfait ! », « Il est très éveillé d’après la maîtresse. Tout le contraire de sa sœur ! ». Bien sûr, ils ont essayé de m’aider, de me comprendre… mais mon fort caractère se butait contre eux. Je refusais d’écouter les sermons de mon père, et ma mère… ses pleurs m’insupportaient. Alors je leur claquais la porte au nez et je passais (non sans raison) pour la sale gosse de la famille.

Je n’avais pas encore conscience de mon don, pourtant je me sentais réellement différente des autres. Nous étions peut-être dans des mondes trop différents pour nous entendre.
Je l’ai découvert le jour de mes dix ans. Mes parents avaient lâché l’affaire Ashlee, me laissant seule avec mon mauvais caractère et mes résultats frôlant le sol. Après tout, ils avaient tout essayé, je demeurais incorrigible.
Heureusement pour eux, il y avait Jude. En parlant de lui, nous n’avons jamais eu de réels contacts ; il était comme tous les autres. C’est-à-dire dans un univers différent du mien.
Ce jour-là encore j’étais seule. Mes parents avaient organisé une petite fête en l’honneur de notre anniversaire. Mais je ne me leurrais pas ; elle était uniquement destinée Jude. Après tout, qui avais-je à inviter ? Personne.

Une idée affreuse vint alors traverser mon esprit ; dans le monde, personne ne se souciait de moi. Mon père, ma mère, Jude, les autres enfants ; ils me voyaient tous comme une sale gosse, une sorcière, une fille ingrate. Alors je me remis en question, là, sur cette balançoire qui grinçait sous mon poids. Pourquoi étais-je comme ça, si renfermée ? Peut-être parce qu’au fond de moi, je savais que je pourrais jamais dépasser mon frère et ses manières parfaites. Ou alors parce que j’étais vraiment trop différente des autres. En tout cas, je décidai ce jour-là de faire un pas en avant. Les rires joyeux de mon frère et de ses invités me parvenaient, légèrement étouffés. M’arrachant à ma solitude, je fis un pas vers eux ; « Je peux jouer avec vous ? »

La réponse ne se fit pas attendre. Moqueries, rires hargneux, insultes. Ils me rejetèrent en bloc. Les enfants sont les êtres les plus cruels du monde, vous savez ? Et si vous ne le savez pas, regardez autour de vous. Cette réaction m'offusqua, me vexa, me fâcha terriblement.
Au fond de moi, je brûlais. J’aurai voulu tous les tuer. Tous. Le flot de la haine allait à me submerger, mais je me retenais, lacérant les paumes de mes mains, mordant mes lèvres jusqu’au sang. Et puis quelque chose en moi a craqué, ma colère peut-être. Comme si… une force dévastatrice avait explosé hors-de-moi. Et ceci au sens figuré comme au sens propre. Mon premier courant d’elle, j’en aurai presque la larme à l’œil ! En tout cas cela fit beaucoup de dégât. Trop de dégâts pour pouvoir être masquer en une bourrasque normale, mais au début, bien sûr, c’est ce que j’ai cru. Je blessai même mon frère, le propulsant contre la table où ployait cadeaux et gâteaux. Cet incident m’emplit d’une espèce de joie vengeresse.

Je me suis longtemps penchée sur ce phénomène étrange. J’ai réfléchie, j’ai calculé. Et j’ai fini par en tirer la conclusion suivante ; c’était peut-être moi qui avait créé ce courant d’air dévastateur.





P a r t i e 2
~ La liberté du souffle.





13 ans, début 4e. Mes pas foulent le trottoir jonché de mégots et de chewing-gums écrabouillés sous les coups des semelles des passants. Ce monde est déprimant. Juste déprimant, et les gens plus que tout ; sans respect, fermés, frigides, tristes, inertes. Ils ont beau voir le monde s’écrouler autour d’eux, ils ne font rien. Ils se laissent bercer, trop obstrués dans leur bulle qu’ils n’en voient pas plus loin que le bout de leur nez.

Je m’arrête sur un mégot, le fixe. Une seconde s’écoule, et avec précision je regroupe les flux d’air sur le déchet afin de le faire s’élever. Il décolle, danse sous la direction de ma brise joueuse. Puis je me lasse, relâche mes efforts et soupire. Oui, le jour de mes 10 ans, c’était bien moi. J’ai réessayé, j’ai abandonné, j’ai persévéré, et j’ai finis par dompter mon bien inutile talent.
Je reprends ma marche éthérée sans un regard de plus en arrière. Un homme me bouscule. Ni une ni deux je lui lance avec hargne ; « Vous n’pouvez pas faire attention ? ».

J’ai séché les cours. Je n’en peux plus. Je n’en peux plus d’ignorer les remarques que l’on me lance à tout bout de champ, ni cette réputation de pute que les garces du bahut me collent au dos. En même temps, je ne fais rien pour la stopper ; maquillage, talons hauts, bijoux en rafale ou encore les longues chaussettes rayés que j'utilise afin d’agrémenter le sirupeux uniforme scolaire ne m'aide pas à me faire oublier. (ni la sale habitude que j'ai pris de rembarrer les rares personnes qui osent m'approcher ou de répondre aux provocations de ces pétasses par une ironie dévastatrice. Répartie qui leur donne une bonne raison de me détester en plus.) Ornements qui m’ont d’ailleurs valut plusieurs ennuis avec le CPE. Mais vous savez quoi ? Je les emmerde. Je les emmerde tous. Autant qu’ils sont. Je ne changerai pas. Pas pour eux. Je ne me rendrai pas. Point. A la ligne.

Mes talons frappent le trottoir dans un rythme lent et paisible. Au loin, le murmure de la circulation me parvient avec difficulté. Le jour décline, et bientôt les étoiles monteront rejoindre la lune dans son infini écrin de velours.
Je pense furtivement à ma famille. Quelle famille ? Je n’en ait plus, ou du moins ne la considère plus comme telle. Eux de leur côté ne me voient plus comme leur fille. Peut-être la situation s’est-elle aggravée lorsque ma mère a pris connaissance de mon don.
On se disputait, comme d’habitude pour une quelque futile raison. Puis le ton est monté, et j’ai craqué. Dans la cuisine, ça a été la tempête, et j’ai tout pété ; verres, assiettes, bols. J’ai essayé en vain de nier le fait. Malheureusement pour moi, ma mère n’était pas décidée à me croire. De la fille rebelle je suis passée au monstre renié. Je n’ai jamais aussi bien compris Harry Potter qu’aujourd’hui ; bon, je ne dormais quand même pas dans le placard à balais. Et si ç’avait été le cas et bien… j’aurai déjà fugué depuis longtemps.

Alors, Jude, tu as eu ce que tu as toujours désiré ; être fils unique. Va crever.

Je ne sais pas où je vais, me contentant de errer au gré de mon intuition. Pourquoi rentrer chez moi si ce n’est que pour essuyer l’indifférence feinte de ma… de ma famille ? Soupir de lassitude.

Je me mets à longer un grillage mal foutu et fatigué, presque happée sous les entrelacs du lierre qui a pris possession de l’endroit. Un lieu au semblant abandonné et dont personne ne s’occupe.
Je sais ce que c’est ; le skate-park, coin reculé et dit mal fréquenté de la ville. Quelques racontars voguent à son sujet, peu reluisants je dois dire. J’ai vaguement entendu les mégères de mon quartier murmurer en frissonnant des mots tel que racailles ou encore violeurs.

Mouais. Je reste sceptique ; rumeurs de bonnes femmes ennuyées, voilà ce que c’est. Avec cependant une petite once d’inquiétude, j’avise un trou béant dans la broderie du fer. Je m’y glisse tel une anguille.

Le bruit des roues qui crissent sur le béton, les chutes bruyantes mais contrôlées des skateurs s’entrelacent et forment un rythme étrange et attirant. Je m’approche, ne distinguant que de vagues silhouettes mouvantes.
J’en reste bouche bée. Leurs mouvement sont agiles, précis. Les planches s’envolent, retombent et repartent dans une ronde au semblant éternelle. Sans le moindre faux pas, sans la moindre dégringolade.
Une voix me coupe dans ma contemplation ;
- Hey girl, tu mates ?

Je me retourne vivement, tombant sur un visage déformé par un sourire narquois. Un jeune-homme ; je lui donne seize ans. Des mèches couleur chocolat retombent en désordre sur des yeux rieurs et un nez droit. Il n’a l’air ni d’une racaille, ni d’un violeur. Au contraire, il a plutôt l’air gentil. Une nouvelle fois, je maudis les gens et leurs préjugés.

- Je ne mate pas, répliqué-je férocement.
- Alors que fais-tu ?
Il ne s’offusque pas de mon ton agressif, ne tourne pas les talons. Non, il reste là. Je ne réfléchis pas, lâchant ces dernières paroles presque naturellement ;
- J’apprends.

Il me fixe. L’étonnement se lit sur son visage plus que la moquerie à présent. Une meuf qui veut faire du skate, non, ce n’est pas commun. Surtout lorsqu’elle est habillée comme une bimbo et possède de longs cheveux roses.

- T’es déjà monté sur une planche ?
- Non.
- Alors viens !

Voilà comment a débuté ma première amitié. Ma meilleure amitié. Il s’appelle Eden, Eden Green, et c’est mon meilleur ami ; je le scande, je l’acclame, je le dit.

On déconne ensemble, on s’adore, on se chamaille, il me tire les cheveux, je le frappe. Mais sinon, on s’entend bien. Pire que bien, même.

Pour ne pas me vanter, je crois que j’ai le skate dans l’âme… FAUX ! Bon d’accord, je l’avoue, je n’ai même pas fait un mètre que je me suis rétamée comme une… débutante. (ce que j’étais, m’enfin). Les autres skateurs se sont approchez, ont ris de moi avec gentillesse.
Une fille sur leur territoire, ce n’était pas courant.
Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie entourée, aimée, appréciée. Certains ont même manifesté l’envie de me voir revenir, Eden le premier.

Le lendemain matin, j’ai cassé ma tirelire et je me suis achetée une planche.
Enfin, la vie me souriait.

Chaque soir je me rendais au skate park, où il m’apprit. Je progressai à une vitesse folle, arrivant plus ou moins à suivre son rythme. (j’ vous avais bien dit que j’avais ça dans l’sang !).
Je me rapprochai également des autres squatteurs du parc. Nous formions comme un groupe très soudé, où plutôt la famille qu’aucun de nous n’avions ; le skate parc était notre territoire. On fumait, on buvait, on se bourrait, on faisait la teuf, on s’éclatait bien. Et le fait que j’étais la seule fille ne me dérangeait pas.
Chaque soir, je rentrais à pas d’heure ; mes parents se fichaient royalement de mon absence. Quelques soirs je ne couchais même pas dans mon lit. Mais j’étais heureuse. Mes notes remontèrent sensiblement, et je trouvais cette chose qui m’avait toujours manquée ; la joie de vivre.
Je trouvais en elle la force de subir les longues heures que j’étais forcée de passer au collège, de supporter les railleries perpétuelles des autres, les croche-pattes et les humiliations.
Je n’étais plus seule au monde.






P a r t i e 2
~ Le renouveau du flux.


Deux ans plus tard, 16 ans et des poussières.
Minuit. Aujourd’hui je rentre tôt, me faufile dans l’entrée et détail étrange ; la lumière dans le séjour est allumée. Lorsque je passe à pas feutrés devant le salon, j’entraperçois mes parents, assis sur le canapé. Ils ont l’air soucieux et mon père m’interpelle ;

- Ashlee, vient ici s’il-te-plaît.

Sa voix tremblote avec ce qui semble de la nervosité. Cela fait tellement longtemps que le contact n’existe plus entre nous qu’aussitôt je devine ; ils ont quelque chose à me dire. Et quelque chose qui ne vas pas me faire plaisir. Oh oh… Néanmoins je m’exécute, pénètre dans le salon et prend place devant eux sur le vieux fauteuil défraîchi.
Je ne parle pas, attendant qu’il prenne la parole avec une légère appréhension.

- J… ta mère et moi avons décidé de… commence-t-il.

Il se coupe dans sa phrase, et mon inquiétude va crescendo. C’est ma mère qui continue, à deux doigts de fondre en larmes.

- Nous… nous sommes renseignés sur ta… sur ton « don ». Je sais que tu crois que nous ne prenons pas soin de toi, que nous ne t’apportons pas le soutien nécessaire. Cependant tu nous as toujours rejeté en bloc…
- Viens-en au fait, lancé-je sèchement.

Je ne m’apitoie pas. Pas devant ceux qui ont manqué à leur devoir devant tant d’années, se moquant éperdument de moi et de ce que je pourrais devenir.

- Nous avons décidé de te placer en internat, finit mon père dans un souffle. Un internat où ils acceptent les gens comme toi.

Et c’est comme ça que ma vie a pris un tournant. Un internat au Japon, étaient-ils tombés sur la tête ? Oui, certainement. Ils m’ont affirmé que cet établissement pourrait grandement m’aider à dompter mon don, tout ça. Je n’y crois pas. Bien que je sois pratiquement bilingue anglais et japonais - ma mère nous parlant couramment la langue compte tenu de ses origines nippones – je n’ai pas envie d’y mettre les pieds, de recommencer à zéro.
Je pourrais fuguer, oui. J’y ait pensé. Mais apparemment, mes parents avaient pensé à tout.

- Ton avion part demain à six heures. On part dans trois heures, le temps qu’il te faut pour faire tes valises. Pas la peine d’essayer de t’enfuir, me prévient mon père, tu iras dans cet internat. Et donne-moi ton portable avant de monter.

J’obéis, et avec un regard meurtrier envers mon paternel je commence à gravir les marches qui me mènent à ma chambre. Internat de mon cul, ouais. Avec mauvaise humeur je commence à remplir mon sac. Putain. Ce mot tourne et retourne dans ma tête. Impossible d’y réchapper, je dois me faire à l’idée ; je suis obligée d’y aller. J’aimerais textoter mes amis, les prévenir, Eden en premier. Mais je ne peux pas, et je bouille à cette idée. En moins de deux heures j’ai entassé tous mes biens dans mes deux valises. Je les empoigne et gagne le palier sans un regard pour la pièce où j’ai passé tant d’années.
La lumière s’infiltre sous la porte de Jude. Prise d’une inspiration soudaine, je toque.
- Qui c’est ?
- Ashlee.

Il ne répond pas, mais je conçois cela comme la plus amicale les invitations. Je n’entre pas complètement, me contentant de passer ma tête par l’ouverture de la porte.
- Je pars, dis-je.
- Je sais, répond-il, les yeux rivés sur son ordinateur. Un pensionnat pour jeunes en difficultés hein ?
- C’est ce qu’ils t’on dit ?

Ça m’attriste qu’il pense cela de moi, j’en maudirais presque mes parents. Mais au fond de moi, je sais que si on lui avait avoué la vérité, ç’aurait été pire.
- Ouais.

Silence gêné, où ne persiste que le rythme effréné de ses mains qui jouent de son clavier.
- Bon bah… Salut… Jude, dis-je finalement avec hésitation.
- A plus, lance-t-il.

Je ferme la porte, sent les larmes monter ; sans me laisser la moindre seconde de répit j’entreprends de descendre mes bagages. Tandis que je m’escrime avec l’escalier, mon esprit vagabonde. Aurais-je put avoir un jour de bons contacts avec mon frère ? On n’a jamais été proches, jamais. Ni moi ni lui ne réagissions, et aujourd’hui, je crois que je regrette. Un nouveau soupir m’ébranle. Mon père, réagissant au vacarme infernal que je produisais a couru à mon secours.
Et nous sommes partis.

Il m’a rendu mon portable, et j’ai pu tous les prévenir d’un simple « Adieu ». Puis je l’ai éteins, je n’avais pas envie de recevoir leurs inquiétudes et leurs questions.
Les adieux ont été rapides. Avant de grimper dans l’avion, un long silence gêné. Puis ils m’ont embrassé, et ma mère a conclu d’un tremblant ; « Je t’aime ma chérie. Malgré mon attitude, malgré nos rapports. Tu es ma fille et je t’aime. ».
Etait-ce sincère ? Aujourd’hui, juste aujourd’hui, j’ai voulu croire que oui.

J’ai quitté ma famille ; j’ai décidé de la revoir comme telle. On ne choisit pas sa famille. Pourtant on l’a ; fatalité de la vie. J’ai quitté mes amis, les seules personnes pour qui je comptais un tant soit peu et qui comptaient terriblement pour moi. J’ai quitté Eden, mon meilleur ami, pour entre dans cet internat donc je ne connaissais que le nom ; « Kyari ».

On m’a amputé de ma vie, et je vais m’en faire greffer une nouvelle. Contre mon gré. Vous connaissez la fatalité ? On ne peut rien y faire. Alors j’ai laissé mon futur aux mains du temps ; et puis, advienne que pourra merde !



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Ashlee Barry | Le murmure du vent.

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